Margot Buffet
Peintre de papiers
D'emblée sautent aux yeux
Les portraits les figures
Féminins mais non mais oui
Masculins mais non mais oui
Visages qui nous font face
Femmes hommes aux regards
Noirs éclatés insondables
Leurs yeux absorbent la lumière
Profondeur intrigante interrogeant
Comme si l'identité se dérobait
Dans le brouillage du regard
Dans le trou de l'âme
Dans le gouffre du corps
Mais ces visages en miroir
Au bord du dérangement
Suscitent-ils de la gêne
Le dérangement se cache-t-il
Dans le dėgenrement des apparences
Androgynes hermaphrodites
Féminines masculines données à voir
À quel signe reconnaît-on les genres
Quelle part de l'un en l'autre
De l'autre en l'un
Sont-elles mesurables discernables
Où situer le seuil entre l'un et l'autre genres
Ici le seuil semble s'effacer
Aveuglement de leur frontière
L'humanité s’ouvre-t-elle alors
Au dépassement d'elle-même
Visages aux yeux absents
Ou acérés ou cachés ou crevés
Pourtant ces visages de Gorgone
Chevelures ébouriffées hérissées
Ne figent pas dans le marbre
L’ambiguïté est le refus des convenances
Tels les regards des sœurs d'Estrée
L’un tout en fierté l’autre tout en timidité
Quand les doigts de l’une cueille le bijou de l’autre
À l’image des portraits des femmes et des hommes
Où se lisent leurs émotions
Au plus proche de la réalité de leurs fantasmes
Jean-Louis Clarac (BHNV4, 7/11/25)
























